Principal cours d’eau du Québec, le Saint-Laurent est aussi l'un des grands fleuves du Canada et d'Amérique du Nord. Du lac Ontario à l'embouchure des Grands Lacs, jusqu'aux îles de Terre-Neuve et du Cap-Breton en vue de l'océan Atlantique, le Saint-Laurent coule sur plus de 1600 km . Son originalité réside dans son tracé rectilinéaire remarquable séparant des hautes terres — Bouclier canadien, Adirondacks, Appalaches — et son système hydrologique complexe tributaire de la dernière glaciation.
Le Saint-Laurent à -27 degrés Celcius, Montréal
Le système fluvial est engendré en amont par l'immense bassin d'eau douce que constituent les Grands Lacs et, en aval, par les eaux salées de l'océan Atlantique qui remontent jusqu'à l'île d'Orléans par le biais d'un golfe puis d'un estuaire largement ouverts. Le grand fleuve connaît aussi des marées semi-diurnes qui font varier quatre fois par jour son niveau jusqu'à Trois-Rivières et même au-delà, à plus de 1500 km de l'Atlantique Dans le Bas-Saint-Laurent, les eaux océaniques provenant du golfe à marée ascendante sont douze fois plus volumineuses que les eaux douces descendantes provenant du bassin laurentien .
Les quatre cinquièmes des eaux du fleuve proviennent des Grands Lacs, vaste réservoir naturel qui constitue le dixième des réserves mondiales d'eau douce. Dans sa course vers la mer, le Saint-Laurent s'enrichit d'importants affluents qui doublent presque son débit: sur la rive Nord, les rivières Outaouais, Saint-Maurice, Montmorency et Saguenay; sur la rive Sud, les rivières Richelieu, Saint-François et Chaudière. D'amont en aval, le débit du Saint-Laurent passe ainsi de 7 000 m³/s à la sortie des Grands Lacs, à 10 000 à la hauteur de Québec, puis à 13 000 à l'embouchure du Saguenay. Sur la plus grande partie de sa longueur, le Saint-Laurent constitue donc un véritable bras de mer intérieur communiquant avec l'océan Atlantique, moyennant une largeur variant de quelques kilomètres à la pointe est de l'île d'Orléans à plus de 100 km au-delà de Pointe-des-Monts.
Là où le fleuve rencontre la mer
Au large de Saint-François, du côté sud de l'île d’Orléans, les grandes marées et les marées moyennes ont une amplitude respective de 6,6 et 5,5 m à la pleine mer supérieure. Ce point précis du fleuve est celui où la marée atteint son amplitude maximale. En amont de ce point, l'amplitude de la marée diminue graduellement. Si, à la pointe d'Argentenay (extrémité est de l'île d'Orléans), le degré de salinité des eaux n'est que de 1%, ce taux grimpe déjà de 15 à 20% dans les environs de l'île aux Coudres.
|